monde

Un article de mars 2012, qui prend encore sens aujourd'hui...

Tous victimes de l'actualité ? Nous avons vu comment les événements émouvants étaient suceptibles d'influer sur notre humeur et nos émotions, du fait de notre sensibilité aux images et témoignages qui nous submergent.
Abordons à présent les prévisions alarmistes.
Beaucoup ont la sensation de vivre dans un monde incertain, menaçant, alors même que notre santé, notre approvisionnement alimentaire et notre sécurité (en tout cas en Occident) sont bien plus élevés qu'il y a 50 ans.
Parmi les faits dont les médias nous abreuvent, au point d'en faire notre actualité quotidienne, les prévisions sont des vecteurs de stress importants.
A la différence des événements émouvants, qui se rattachent à des faits divers qui cèdent la place à d'autres, ces prédictions concernent des "tendances lourdes" que l'on nous décortique à l'envi pour nous faire prendre conscience des enjeux qui semblent nous attendre.
En tête de ce hit parade depuis quelques années : la crise économique et son cortège de catastrophes annoncées et accentuées par la mondialisation - concurrencée par d'autres peurs lancinantes : risques d'attentats, épidémie (pandémie !) grippale de toute sorte, menaces de conflits nucléaires, désastres écologiques qui pèsent sur le futur de nos enfants...

Sommes-nous à ce point en danger ? Faut-il s'alarmer et développer, comme ça devient le cas, une peur au quotidien ?
Et surtout, comment s'en protéger pour garder la tête froide ?
- réaliser que les experts se contredisent entre eux. Que ce soit pour la santé ou l'état de la planète, on entend tout et son contraire. Les experts - qui sont pointus dans un domaine, mais n'ont pas toujours une vision globale- décrivent une vérité à l'instant T et de leur point de vue. D'autres, par peur du ridicule ou des conséquences, annoncent à peu près tout, afin de ne pas être pris en défaut (voir l'exemple des prévisions météorologiques sous le mode "alerte"),
- considérer que nous vivons dans des sociétés occidentales qui ont érigé le principe de précaution en dogme. A défaut de pouvoir tout contrôler, mieux vaut tout annoncer et s'en prémunir avant qu'un début de menace pointe son nez. Au final, nous en devenons presque "surprotégés". Le problème reste que l'énumération des risques potentiels est une vraie source d'anxiété. Un risque futur (et hypothétique) peut devenir une vraie angoisse au présent. Dans d'autres endroits de la planète, on considérerait ces données avec plus de philosophie - d'autant que le quotidien mobilise déjà l'attention de ces populations moins favorisées que nous.
- prendre conscience que tous les phénomènes qui nous affolent ont des causes multifactorielles, et des évolutions qui peuvent être rapides, dans un sens comme dans l'autre. Certaines vérités ont une durée de vie très courte...et des issues tout à fait inimaginables aujourd'hui.
- regarder le passé. Il tient lieu d'expérience. Tout ce qui nous a déjà été annoncé de pire s'est-il effectivement déroulé ? 
- faire confiance à notre capacité d'adaptation. Face à un événement, un danger, l'Homme a de grandes ressources et mobilise tous ses moyens pour ce qu'il sait faire le mieux : survivre. L'Histoire nous en a donné de nombreux exemples (demandez à vos grands-parents...).
- enfin, prendre du recul. D'abord en se demandant quel est l'impact aujourd'hui de la prévision ou de la menace sur ma vie de tous les jours. Ensuite, en considérant comment je peux me sécuriser moi-même (ou mon entourage) de façon raisonnable et à la mesure de ce qu'il m'est possible de faire. Prévoir - oui. Tout anticiper - non. Avez-vous envie de construire un bunker anti-nucléaire dans votre jardin ? Dans tous les autres cas, lâcher-prise, c'est à dire accepter ce sur quoi on n'a pas de contrôle.
- et en tout état de cause, profiter de chaque jour pour ce qu'il nous apporte d'agréable. Bref, vivre sans se soucier des menaces potentielles, qui finissent toujours par disparaître. Ce serait dommage de s'être inquiété pour rien...