encaisser !

Ce matin sur France Info, la sociologue Marlène Benquet répondait aux questions de Jean Leymarie sur les conditions de travail des caissières de supermarché, sujet qu'elle a largement exploré dans son livre "Encaisser!" (Ed. La Découverte).
Alors étudiante, elle a exercé dans plusieurs enseignes de la grande distribution, dont elle révèle les coulisses.

Ce qui m'a particulièrement intéressé dans son propos, c'est d'y retrouver certains des ingrédients inéluctables du stress au travail :
- l'absence de latitude décisionnelle : ces femmes - pour la plupart - n'ont aucune latitude pour gérer les incidents de caisse et autres imprévus. Elles doivent en référer systématiquement à un supérieur, ce qui est particulièrement impactant sur l'intérêt de leur travail et la considération qu'on leur porte.
- la faible reconnaissance : elle découle de l'attitude précédente, tout comme de la sensation d'être en permanence sous contrôle, surveillée dans ses moindres faits et gestes. Surveillantes de caisse, clients, caméras...pointent en permanence le regard sur celles dont le travail s'effectue au grand jour. Un travail lui-même dévalorisé par la condition de celles qui l'exercent : précaires, peu formées...
Ces aspects affectent le besoin de sécurité, l'un des besoins fondamentaux que toute personne doit satisfaire pour se sentir bien et équilibrée.
- la fatigue excessive : lors des entretiens d'embauche, le recruteur va s'assurer de l'endurance potentielle de la candidate caissière. Un aspect méconnu d'une profession qui met face à des gestes répétitifs, proches de ceux du travail à la chaine. L'apparition de troubles musculo-squelettiques, une autre composante d'un travail stressant, est fréquente.

Une description qui reprend les grandes lignes du
best-seller de mon amie Anna Sam (elle-même ancienne hôtesse de caisse) dans "Les Tribulations d'une caissière" (Ed. Stock, 2008). Elle avait reçu un accueil dithyrambique de ses collègues d'infortune partout en France. Depuis, peu de choses semble avoir évolué...

Une solution consisterait sans doute à découper leur temps de travail, en leur proposant des vraies pauses de récupération, pour relâcher tant sur un plan physique (et prévenir les TMS) que sur le plan psychologique (pour les aider à relativiser). Une approche bien évidemment possible sur un temps court (10 mn) avec la sophrologie...

Pour ré-entendre la chronique, c'est ici