question

Depuis quelques années,  nous sommes un certain nombre de sophrologues a nous être formés spécifiquement à l'hypnose. Une méthode  plus découvrante que la sophrologie, et qui complète utilement notre pratique professionnelle, en particulier dans toutes les problématiques autour du conditionnement, de l'habitude, des répétitions et du comportement. Pour y voir plus clair, je vous invite d'ailleurs à relire cet article : Sophrologie ou hypnose ?

L'expérience montre que les sophrologues qui sont formés à l'hypnose s'avèrent d'excellents praticiens, et ce pour plusieurs raisons :

- Les sophrologues maîtrisent parfaitement les états modifiés de conscience
L'un des points communs à la pratique de la sophrologie et de l'hypnose est la recherche d'un niveau abaissé de conscience. En sophrologie on l'appelle niveau sophro-liminal. Dès le début de leur formation, les sophrologues apprennent à provoquer cet état.  C'est même une des bases de leur pratique. Même si les inductions en hypnose diffèrent légèrement de celles utilisées en sophrologie, les sophrologues en ont une bonne habitude et peuvent facilement s'adapter à des inductions nouvelles. Quand ils se forment à l'hypnose, ils sont donc particulièrement efficaces dans ce domaine.

- La voix est l'outil de base des sophrologues
Très inspiré par sa propre pratique de l'hypnose, le Professeur Caycedo, inventeur de la sophrologie, a dès l'origine accordé une très grande importance à la voix dans l'accompagnement des techniques de sophrologie. Ce timbré monocorde sur un rythme lent, appelé terpnos logos, est utilisé quotidiennement par les sophrologues - et ne diffère pas tellement de celui pratiqué en hypnose. Les sophrologues savent même le moduler, à la manière d'un instrument.

- Les sophrologues possèdent naturellement un langage suggestif, imagé et symbolique
Le recours à la visualisation est un des moyens utilisé couramment en sophrologie. Les vécus positifs sont la plupart du temps suscités par des suggestions verbales. Pour cela, tout sophrologue mobilise quotidiennement un champ lexical varié, fourni, riche, propre à influencer positivement la conscience... tout comme en hypnose où les images, symboles et représentations sont beaucoup plus parlantes que les simples mots.

- Les sophrologues sont habitués à gérer des remontées émotionnelles
Au cours d'une séance d'hypnose il n'est pas rare que la personne ressente des émotions ou soit traversée par des ressentis, qui vont s'exprimer de manière plus ou moins démonstrative (douleur locale, sursauts, pleurs, colère...). Si ces remontées peuvent être parfois étonnantes pour la personne qui les vit, il n'est pas question pour le praticien qui l'accompagne de les bloquer ni de les réprimer. Toutefois ces émotions et ressentis ne sauraient être laissés en l'état non plus, au risque que le patient reparte désemparé. Un sophrologue dispose d'outils propres et sait parfaitement accompagner leur expression ou les canaliser à l'instant T, pour rester dans un cadre rassurant et évolutif pour le sujet. 
Pour toutes ces raisons, je suis pour ma part convaincue de la justesse de la place des sophrologues en hypnose - à condition, une fois de plus, qu'ils s'y soient formés de manière sérieuse. Et dans un débat qui opposerait sophrologues et psychothérapeutes dans la légitimité du recours à l'hypnose, au prétexte que les études de ces derniers les rendent experts du psychisme - et seuls compétents en la matière - il ne faudrait pas omettre de considérer que la technique professionnelle et l'expérience concrète des premiers constituent aussi le gage d'un accompagnement pertinent. Et dans ce cas de figure, qui, mieux que les sophrologues, maîtrise la juste voix, le langage imagé, l'atteinte d'un niveau abaissé de conscience et la gestion appropriée d'éventuelles remontées émotionnelles ? Le débat,  j'en suis sûre, est lancé...