samedi 14 novembre
Enfants : difficile d'apprendre quand on est stressé (1)
Un enfant nerveux, tendu ou agité aura toujours du mal à se mettre à ses devoirs (ne serait-ce qu'à commencer). Mêmes difficultés pour écouter en classe, comprendre ou retenir.
Les enfants peuvent tout à fait être stressés, et leur stress perturbe dans un premier temps la concentration, c'est à dire l'attention et la faculté à fixer les apprentissages.
Dès le départ, on peut limiter les sources de distraction : en regroupant autour de soi le matériel nécessaire, et en s'installant dans un endroit calme, qui - sans être totalement silencieux - doit être "à part".
Au moment des devoirs, les plus grosses difficultés se posent avec les enfants qui ne tiennent pas en place et qui bougent dans l’espoir inconscient de se défiler. Leur comportement dilue leurs facultés cognitives, et risque immanquablement d’énerver des parents déjà saturés par leur propre journée. L’agitation des enfants crée une ambiance électrique qui fait exploser le parent à la moindre difficulté. Vous ne parviendrez jamais à rendre immobile un enfant nerveux, et sa mauvaise posture ou ses mouvements répétés ne font qu’augmenter votre impatience. Le temps que vous passez à lui répéter de « se tenir droit » ou « d’arrêter de gigoter » est du temps perdu et allonge inutilement les devoirs, de même qu’il dégrade la qualité de l’échange.
Faites de temps à autres observer à votre enfant ses gestes parasites (agitation du pied, balancement d’une fesse sur l’autre, cliquetis avec un stylo...). Plutôt que de le sommer d’arrêter, faites-lui en prendre conscience, en lui expliquant que ces gestes automatiques occupent une partie de son cerveau, qui ne peut donc être mobilisée pour les devoirs. Ces gestes augmentent la fuite de concentration.
Répéter à un enfant « concentre-toi ! » est vain si on ne lui explique pas comment faire. Lorsqu’il est embarqué par ses idées, il lui est difficile de réinvestir le présent et le sujet auquel il doit s‘attacher. Se concentrer signifie « focaliser vers le centre » et ce centre est constitué par son corps, qu’il peut physiquement ressentir. Or l’enfant a toujours tendance à s’éparpiller sur l’extérieur (donc se déconcentrer), aussi par manque d’intérêt à ce qu’il fait. Il recherche de la distraction.
En sophrologie, on utilisera : la respiration pour se calmer, la prise de conscience de la position du corps (points d'appui), la focalisation sur les pieds (qui touchent le sol) ou des techniques de centrage...
vendredi 10 juillet
Trois nouveaux bacheliers zen
Un grand bravo à Clémence, Bénédicte et Thomas que j'ai "entraînés" ces dernières semaines et qui viennent de décrocher leur bac du premier coup (et avec un mention très bien pour Thomas...mais je n'y suis pour rien!). La réussite suppose d'apprendre (sans connaissances, point de résultats) mais aussi de maîtriser le stress qui - à la dernière minute- coupe les moyens.
Avec eux, j'ai eu l'occasion de travailler particulièrement sur l'angoisse des oraux, sur la gestion du temps (et de l'énergie) sur les écrits longs (4h de philo, ça n'est pas rien, autant garder les idées claires), sur la récupération, le sommeil...
Les voici à présent diplômés et soulagés (à eux les grandes vacances) et prêts à s'envoler vers la suite de leurs études : journalisme, soins infirmiers et histoire de l'Art.
La bonne nouvelle, c'est qu'ils vont pouvoir continuer à appliquer ce qu'ils connaissent - et ont manifestement intégré - pour aborder désormais les examens de manière plus détendue.
jeudi 18 juin
Les conseils du Dr Ruffo pour les petits anxieux
Dans un article récent*, le Dr Marcel Ruffo, pédopsychiatre, répond à une maman qui s'inquiète que les allergies alimentaires de son fils déclenchent des phobies, une "peur générale de manger".
Extraits de sa réponse :
" Les enfants allergiques (...)associent le risque d'ingérer un aliment et le risque de mourir.(...) Le lit des peurs alimentaires est creusé par les traitements d'exclusion qui sont pratiqués (...).Il faut tenir compte de l'effet secondaire de ce type de traitement chez les enfants un peu sensibles. (...) Je préfère, dans ces types d'impasses dues à des somatisations anciennes, les techniques à médiation corporelle : sophrologie, relaxation. Cela lui permettra de guérir de sa peur, à défaut de se guérir de ses phobies alimentaires. On peut, petit à petit, lui donner la responsabilité de lutter lui-même contre ces craintes."
* Version Fémina du 14 juin, p. 35
jeudi 28 mai
La belle histoire de Cléa
Séquence émotion pour moi il y a deux semaines avec Cléa*.
Il y a trois ans, j'ai accompagné Cléa à travers quelques séances individuelles, alors qu'un petit passage un peu angoisant dans sa vie de petite fille provoquait des évanouissements à l'école. Sans motifs ni conséquences graves, mais fort embêtants pour elle. Sérieuse et s'appropriant au fur et à mesure ce que je lui transmettait, Cléa a repris en toute confiance le cours tranquille de sa vie de petite fille de 12 ans.
Trois ans plus tard (il y a 15 jours, donc), elle a 15 ans. Une coiffure effilée, un slim et un téléphone portable. Face à une adolescente déterminée et posée, la demande est claire : "J'ai à nouveau besoin d'outils car dans telle situation, il se passe ça...". Sans complexe, Cléa sait expliquer ce qui lui arrive, et se présente convaincue qu'il existe des solutions. Elle a commencé à remettre en place des techniques que nous avions apprises ensemble. Mais ça n'est plus suffisant (c'est une ado, maintenant!).
Le vrai bonheur, c'est que sur cette base, et l'aisance que Cléa a déjà, les reflexes de détente reviennent vite. Nous allons pouvoir rapidement remettre en place de quoi lui permettre de dépasser encore ce petit passage difficile. Une bien belle histoire...
* j'ai bien évidemment changé son prénom.
mardi 05 mai
La sophrologie pour les ados
Je vois défiler beaucoup d'adolescents en cette période de l'année... Il est sans doute bon de rappeler en quoi la sophrologie (et plus généralement la relaxation) peut aider les 13/18 ans...et plus.
- tout naturellement en préparation d'examens à venir, partculièrement pour les oraux, quand le jeune a l'impression de "perdre tous ses moyens" (et par là même, tout ce qu'il avait appris...)
- pour réguler des problèmes de sommeil, qui se résument le plus souvent en diffiicultés d'endormissement chez l'ado...logiquement suivies de réveil tardif et de fatigue le lendemain matin
- pour retricoter la confiance en soi, malmenée par le regard des copains, les remarques des profs ou des auto-critiques dévalorisantes
- pour dénouer les tensions liées aux stress du quotidien. Ne négligez pas ce que vous jugez "minime", quand pour votre ado, c'est un élement déterminant de sa vie...
- pour préparer un "changement" : déménagement, nouveau lycée, séjour à l'étranger - particulièrement quand le jeune met en place des stratégies d'évitement pour contourner l'obstacle...
Mon ado peut-il avoir envie d'aller voir un sophrologue ?
Il est rare qu'il l'exprime ainsi, et le plus souvent, c'est surtout vous qui en ressentez le besoin "à sa place". Ne l'obligez pas à formuler les choses aussi directement (ne le contraignez pas non plus !). Demandez lui juste s'il a "envie que ça change". C'est déjà un très bon début...
vendredi 21 novembre
"Calmer les enfants terribles" sur M6
Peut-on aider les enfants turbulents ou stressés à canaliser leur énergie ou leurs angoisses ?
C'est à cette question qu'il a été (partiellement) répondu lors d'un sujet réalisé pour 100% Mag, l'émission info d'Estelle Denis sur M6.
J'ai apporté un court témoignage (ne me manquez pas !!) pour indiquer que relaxation et sports restent des alternatives appréciables dans ces situations, également stressantes pour les parents...
Ce reportage prolonge la conférence "L'enfant et le stress" réalisée à Boulogne en septembre, dont vous pouvez retrouver les grandes lignes en visionnant le diaporama : diapo_conf_enfant_et_stress
Pour ce qui est de l'émission de M6, vous pouvez la visionner gratuitement sur M6 Replay en suivant ce lien :
http://www.m6replay.fr/emissions/100--mag/9300184
Attention, l'ensemble de l'émission dure 40 mn, mais vous pouvez aller directement au sujet sur les enfants en déplaçant votre curseur à 9min 28.
vendredi 26 septembre
"L'enfant et le stress" : résumé et nouveaux ateliers
Beaucoup de monde hier soir à la conférence "L'enfant et le stress", organisée en partenariat avec l'association de parents d'élèves e-mp.
Après une présentation sur le stress, ses manifestations chez les enfants et les stratégies pour en sortir, les échanges avec la salle ont été nourris. Puis nous avons conclu avec un atelier pratique où j'ai présenté quelques petites techniques pour calmer un enfant un peu agité (ou rassurer un enfant un peu inquiet).
Les diapos de la conférence sont ici : diapo_conf_enfant_et_stress
Dans le prolongement, nous proposons aux parents qui ont envie d'aller plus loin des ateliers parents, pour apprendre des techniques de relaxation / concentration, et les refaire aisément avec son enfant.
- Aider son enfant à mieux se concentrer - samedi 29 novembre de 10h à 12h
- Faire les devoirs dans la sérénité - samedi 31 janvier de 10h à 12h
Pour s'inscrire : http://www.e-mp.asso.fr/
Ces ateliers auront lieu à Boulogne-Billancourt.
mardi 26 août
Ces parents qui ont peur de prendre le pouvoir
A l'occasion des consultations autour du sommeil que je fais avec des enfants, je suis étonnée de constater la position des parents de certains de ces petits qui ont "du mal à dormir". Beaucoup refusent d'imposer quoi que ce soit à leur enfant, attendant que ce soit lui qui "décide" d'aller se coucher, qui "accepte" de rester dans son lit, qui "consente" à s'endormir...
Sans accord de l'enfant, le parent tergiverse et ne sait plus quoi faire. Bien vite s'installent des scénarios de coucher qui durent des heures et épuisent tout le monde.
Il existe des problèmes de sommeil bien réels chez certains enfants : trop préoccupés ou ne sachant pas se calmer seuls, ils peinent à s'endormir et refusent d'aller au lit, souvent par peur de s'ennuyer. Toutefois, l'attitude de certains parents aggrave d'autres conflits de sommeil. On dirait que ces derniers refusent de prendre le pouvoir. De dire ce qu'il faut faire et de l'imposer.
Il n'est pourtant pas nécessaire de le faire avec force, mais juste d'édicter une règle simple, parce que c'est bon pour l'enfant (qui, lui, ne le sait pas, et préférera toujours jouer plutôt que s'allonger à ne rien faire).
Un parent a forcément de l'ascendant, c'est à dire une autorité, sur son enfant. Il doit le faire en tant qu'adulte et en tant qu'éducateur. Pour que l'enfant lui-même puisse intégrer cette autorité, qu'il retrouve à l'école, et dans la vie sociale d'une manière générale.
Cette autorité est naturelle, nécessaire et ne doit pas faire culpabiliser le papa ou la maman qui l'exerce.
Or le refus ce cette autorité (manifestement impopulaire aux yeux des parents) est sans doute une confusion entre autorité et autoritarisme.
On peut être un parent ferme et cohérent sans être un bourreau. D'ailleurs les enfants acceptent plus facilement qu'on ne l'imagine les règles qu'on leur fixe, à condition que l'on s'y tienne.
Parents : osez prendre le pouvoir ! - Bonne rentrée ;-)
jeudi 03 juillet
Pour les 7-10 ans : relaxation "stop and go"
Indication : enfants agités, nerveux et ayant du mal à retrouver leur calme.
Durée : 5 à 10 minutes
- L'adulte qui encadre cette relaxation (avec un seul enfant, ou en petit groupe - 8 maxi) va inciter les enfants à se "défouler", à faire les fous (sauter, crier, trépigner...). pendant deux minutes complètes. Il les accompagne, dans son "enfant libre". On fait le pitre, on laisse cours aux rires !
- Puis le chahut reprend, mais avec la consigne que lorsque l'adulte sonne la cloche (ou tape sur un gong...) l'enfant s'arrête net, dans sa position. Il "fait la statue". 3 à 4 fois de suite.
- Puis on recommence, mais avec l'idée supplémentaire que lorsqu'on s'arrête, on prend 5 secondes pour rassembler les bras et les jambes le long du corps. On est debout et "bien droit". 3 à 4 fois de suite.
- Enfin, on reprend une dernière fois, l'enfant rassemble son corps, respire plus doucement puis se met assis par terre (là où il est) en tailleur. L'adulte fait de même. Ils ferment les yeux, sans parler et écoutent leur respiration.
- On peut même terminer avec deux minutes de méditation !
vendredi 30 mai
Nos enfants ne savent plus "rien faire"
Cette période de l'année est propice à l'augmentation des consultations en sophrologie pour les 10/17 ans.
Fatigue, problèmes de sommeil ou de concentration amènent les parents à chercher des solutions pratiques et simples. Je suis souvent sidérée de considérer l'emploi du temps de ces jeunes : école, sport, musique, soutien scolaire... Indépendamment du fait qu'il est quasiment impossible de trouver un créneau libre pour placer une séance de relaxation, leur semaine ressemble au parcours du bon petit soldat, surentraîné...et épuisé.
Quand je leur apprend à se relaxer, c'est dire - apparemment - à ne "rien faire", le contraste est très difficile pour eux.
Les enfants ne savent plus se poser, ni s'ennuyer. Or c'est l'apanage de la jeunesse de vivre l'ennui, pour pouvoir solliciter l'imaginaire, réveiller la créativité, se retrouver face à soi - ou à rien - perdre son temps sans que ce soit grave, "avoir envie" d'autre chose... Si leur tête est constamment remplie de choses à faire, on les conditionne sur l'idée que seule l'activité nous fait exister. Et que cette activité doit être fonctionnelle, utile ou constructive. Et souvent initiée par d'autres (ou par des éléments exterieurs à nous-mêmes). Or nous existons aussi, d'abord, pour nous-mêmes. Et parfois c'est le simple plaisir de respirer qui nous en fait prendre conscience.






