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L'Espace du Calme - le blog sophrologie & feel-good de Laurence Roux-Fouillet
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26 novembre 2020

Transformer un défaut en atout

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Lorsque je reçois des enfants ou des adolescents à mon cabinet, la demande est souvent de les accompagner sur une problématique ou un trait de caractère qui les empêche de réussir ou d'accéder à toutes leurs compétences.

Ces travers sont souvent considérés par les adultes qui les entourent (parmi lesquels les enseignants), comme un défaut à corriger au plus vite pour pouvoir passer à autre chose : hyperactivité, hypersensibilité, manque de confiance, problèmes de concentration... Et que dire quand ce défaut, en plus, perturbe les autres, et la tranquillité de la classe. Après être passés par la case "prends sur toi" ou "fais un effort", des parents bienveillants comprennent qu'il faut plutôt trouver des outils ou méthodes pour les aider à se sentir mieux, car le fond du problème ne repose pas seulement sur la bonne volonté de l'enfant. 


Le travail sur la concentration en est un bon exemple. Si personne ne vous dit comment faire, comment parviendrez-vous à être totalement concentré, si à la base ça n'est pas votre nature ?
C'est donc souvent dans ce contexte "d'amélioration" que l'on voit arriver les plus jeunes dans nos cabinets de sophrologues.

Peut mieux faire
Ces enfants n'aiment pas que l'on parle d'eux devant eux, ce qui est absolument normal, et pourtant c'est ce que l'on fait en partie - en tout cas en début de première séance, quand on pose le cadre et les objectifs à plusieurs, avec l'un ou l'autre de leurs parents.

Une fois cette étape passée, et dans le colloque singulier de la séance, je m'efforce souvent de les rassurer sur leur capacité d'évolution, je les aide à relativiser tous ces "défauts" que l'on a énoncés sur eux. 
Il m'arrive souvent, aussi, de regretter que l'on pointe des aspects de leur personnalité qui, s'ils s'avèrent perturbants dans le cadre d'une scolarité traditionnelle, constituent cependant des atouts qui pourraient bien leur être utiles ultérieurement. Et je sais, par expérience, qu'on ne change pas un trait de caractère établi : un hypersensible restera un hypersensible, il faut juste qu'il apprenne à faire avec, pour que ce soit vivable pour lui - et éventuellement les autres. Toutefois, cette hypersensibilité peut aussi s'avérer une force - et il n'est pas question de taire ce potentiel.

Je pense souvent que si j'étais moi-même élève aujourd'hui, je serais vraisemblablement diagnostiquée avec un trouble déficit de l'attention avec hyperactivité (le fameux TDAH). Un diagnostic qui me vaudrait certainement une prise en charge, voire un traitement.

Durant toute ma scolarité, j'ai été une incorrigible bavarde. Une bavarde, qui plus est, qui ne tenait pas en place. Punie le premier jour de CP (expédiée illico dans le bureau de la Directrice, pour avoir caché le cahier d'appel de la maîtresse...), sommée de me calmer (avec cette fabuleuse appréciation dans mon bulletin : "Je pourrais retirer sa chaise à Laurence, elle ne s'en rendrait pas compte"), invitée à me taire, reléguée au fond de la classe pour cause de perturbation des autres (qu'en réalité, j'aidais à faire leur travail !), ou même assignée au silence dans le couloir ou dans la cour. Une scolarité pourtant satisfaisante au niveau des résultats, mais au cours de laquelle le besoin de parler, de communiquer, de transmettre, a pourri tous mes efforts. 15 ans d'incompréhension scolaire - et pourtant, je ne m'en suis pas si mal sortie. 

Aider à relativiser
Même si je m'interdis de parler de moi en séance, cette histoire, je la raconte souvent aux enfants que je reçois. En la mimant un peu aussi, je dois bien l'avouer. Pour les faire rire et pour dédramatiser. Mais aussi pour leur dire que, d'un défaut, pointé pendant des années, j'ai fait par la suite un atout.
Le verbe est mon royaume. Mon métier m'amène à parler tous les jours (et, le plus fort, c'est que souvent les gens m'écoutent), que ce soit dans mes séances, dans mes ateliers, dans mes conférences... Certains payent même pour cela ! A la radio, c'est bien grâce à la parole que je transmets le mieux. Et tout ce qui bouillonne dans ma tête, quand j'arrive à l'ordonner sur le papier, ça peut faire un livre.
Evidemment, quand on est petit, il vaut mieux s'inscrire dans les règles du collectif et une certaine discipline commune. Et j'incite les enfants - et encore plus les adolescents - à se conformer peu ou prou à ce qu'on attend d'eux, pour avoir le minimum d'ennuis, surtout en groupe.
Mais je leur conseille toujours de cultiver ce qui fait leur différence, et d'une certaine manière leur force, en attendant le moment propice. Car cette partie de leur personnalité leur appartient vraiment. Il serait dommage de l'éteindre. Il vaut mieux considérer comment on peut la faire grandir, pour l'adapter à une envie, un projet, un hobby, une passion, un métier... 
En sophrologie, on incite souvent nos clients/stagiaires à prendre conscience de leurs ressources - qu'ils ont trop souvent tendance à négliger ou à minimiser. Ces prétendus défauts (gênants dans certaines circonstances), peuvent devenir des atouts dans d'autres perspectives. Dans ce chemin, il faut aussi considérer la fierté que l'on peut légitimement ressentir à avoir dépassé un blocage, pour en faire une force.
Ce travail, il peut se faire tout au long de la vie. Ces défauts que les autres vous reprochent, comment pouvez-vous les utiliser pour révéler positivement une partie de vous dans laquelle vous vous sentirez juste et épanoui ?


Laurence Roux-Fouillet
Sophrologue

PS : J'ai mis a dessein en illustration de cet article un jeu d'échecs, qui me fait penser à la remarquable série "Le jeu de la dame", dans laquelle l'actrice incarne une enfant solitaire, sans affects, à la limite de la sociopathie, et qui devient, aussi grâce à tout cela, une immense championne.

Photo : pexels.com

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