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Stress, obligations, occupations, accumulations... Il arrive fréquemment que l'on nous dise : "Il faut que tu lâches prise..".
Fort bien, mais comment fait-on ? De nombreuses personnes dont la vie est très chargée - ou qui sont sollicitées à l'excès par leur travail ou leur vie de famille - aimeraient arriver à prendre ce fameux "recul" qui pourrait les aider à se sentir mieux. Pour autant, le lâcher-prise n'est pas sans poser quelques problèmes :
- Comment lâcher quand on "tient" tout ?
Qui peut tout poser ou baisser les bras quand repose sur lui (et parfois sur lui ou elle seul(e) ) des responsabilités professionnelles, l'équilibre d'une famille, la santé d'un proche, ou l'attention portée à un contexte familial ou personnel délicat ? Cela reviendrait à "laisser tomber". Or, laisser-tomber signifie renoncer, être faible, manquer de persévérance...
Toute personne très impliquée dans une situation ou auprès d'un proche peut penser que son renoncement ou sa faiblesser affectera directement son entourage. D'où un excès de pression et de stress qu'elle se met et une impossibilité à lâcher-prise,compte tenu des conséquences que cela pourrait avoir.
- Comment lâcher-prise quand on est perfectionniste ?
Le perfectionnisme suppose le respect de la parole donnée, de l'engagement pris ou de l'objectif à atteindre. Lâcher prise serait alors synonyme de "laisser aller". Une attitude lâche, inconsciente ou irresponsable qui conduirait droit à l'échec. Le laisser-aller est associé à de la paresse, de la négligence et reflète un manque de rigueur. Il s’oppose à l’obsession du détail et de la perfection de l’exigeant.
- Comment "lâcher-prise" quand on a tendance à culpabiliser ?
La culpabilité est le revers pénalisant de l'excès d'exigence. La peur d'un manquement fait peser une anxiété : celle du regard et du jugement des autres. Si j'échoue en les décevant, du fait de mon attitude, comment les autres me jugeront-ils ? La peur ultime est toujours celle du rejet, ou du manque d'amour.

Pour s'en sortir, il faut considérer ce fameux lâcher-prise un peu différemment.

Le lâcher-prise est tout autre chose. Il s’oppose à l’utopie du contrôle. Il suppose de lâcher ce sur quoi on n’a pas prise. Car il faut le reconnaître, tout ne dépend pas que de nous, de notre volonté, de notre pouvoir ou de notre énergie - aussi intense soit-elle. Le croire relève d’ailleurs de la toute-puissance. Les autres aussi ont leur libre-arbitre, et même leurs manquements et leurs défauts. Les événements ont aussi leur logique – ou leur hasard, et nous n’y pouvons rien – ni avant, ni après. Remords et regrets sont sans effets, si ce n’est de nous épuiser. Nous en accuser ou nous en tenir pour responsable ne sert à rien.
Lâcher prise signifie donc accepter et continuer.
Pour lâcher-prise, il faut dire oui. Oui à ce qui arrive – et passer à autre chose,parfois en aménageant des solutions alternatives. Le lâcher-prise génère dès lors du soulagement et de la légèreté.