femme et temps

Il faut bien l'admettre, il existe bel et bien un stress typique aux femmes, qui tient à l'existence de nombreux stresseurs :
- d'une part des stresseurs objectifs (identiques à la plupart des femmes) : sur-investissement dans la sphère familiale*, plafond de verre au travail**, inégalité salariale***, chute de la fertilité avec l'âge plus tardif du premier enfant****... Et on a récemment mis en avant la charge mentale : le fait de devoir tout le temps penser à ce qu'il y à faire - essentiellement au foyer.
- d'autre part des stresseurs subjectifs (variables d'une femme à l'autre) mais plus fréquents chez les femmes : pression du temps, peur de ne pas y arriver, perfectionnisme exacerbé, peur du regard des autres, tendance à la culpabilité, fort besoin de reconnaissance...
Si la parole des femme s'est libérée quant aux harcèlements en tous genres dont elles font l'objet, cette parole suscite aussi parfois de vives critiques de la part d'hommes - collègues, amis ou conjoints - qui relativisent avec agacement ces états de fait et renvoient les femmes au rang d'éternelles victimes.

Convenons-en, il n'est pas toujours aisé de changer de vie - ou de changer les autres - ou l'environnement professionnel ou familial dans lequel on évolue. Pour autant, il est prudent de mettre en place de bonnes habitudes pour limiter autant que possible le niveau de stress perçu. La même vie, mais en plus vivable !

1 - Mieux se connaître pour mettre les bonnes limites
Si l'on veut éviter de trop en faire, tout le temps, il est important de savoir à quel moment on se sent dépassée. Et cette saturation peut se manifester de manière physique (sensation d'oppression, mal au dos ou dents qui serrent...), psychologique (ruminations incessantes, culpabilité latente, peur de mal faire), voire comportementale (agitation provoquant de la fatigue, hyper-activité harassante...).
Lorsqu'on repère ces signaux d'alerte et que l'on accepte sa limite, il devient plus facile de la faire respecter. Dès lors, dire non devient une évidence - sans culpabilité.

2 - Devenir une pro de l'organisation
Les outils de gestion du temps sont utiles s'ils permettent de se concentrer sur l'essentiel. Au delà de la planification, ils aident aussi à prioriser. Une organisation performante, c'est une organisation qui va au plus simple dans le moins de temps possible. A vous agendas, listes, routines et bullet journal si vous le souhaitez, dès lors qu'ils allègent votre esprit de ce que vous avez peur d'oublier.

3 - Prendre du temps pour soi
Le manque de temps est un fort facteur de stress. Les femmes "courent après le temps", et s'oublient le plus souvent. Néanmoins, il faut réussir à aménager, dans ce flot d'activités, des îlots de détente pour soi - même s'il ne s'agit que de quelques minutes par jour. S'en passer ne fait pas gagner du temps - et augmente la fatigue. Ces temps de lâcher-prise et de récupération sont indispensables pour tenir. On le planifie dans l'genda, comme le reste. On y inclut bien entendu toutes les techniques d'équlibre et de récupération physique et mentale : sophrologie, méditation, yoga...

4 - Lâcher le perfectionnisme
Le syndrome de la bonne élève ne passera pas par moi. J'ai renoncé depuis bien longtemps au trophée de la mère parfaite, ou au concours de la salariée idéale. Vouloir en faire plus - voire trop - est un fort facteur de frustration et d'échec. Qui plus est, le/la perfectionniste se perd dans des détails peu importants et souvent minimisés par l'entourage, ce qui ne satisfait en rien le besoin de reconnaissance. Car le perfectionniste est aussi, souvent, un insatisfait(e). Une sorte de double peine...

5 - Accepter de se faire aider
Oui vous êtes la meilleure ! Non, vous ne POUVEZ pas être partout. Il est dès lors impératif de déléguer. Sous-traitez le plus possible un certain nombre de tâches dès que vous le pouvez, en particulier celles pour lesquelles votre intervention n'apporte aucune valeur ajoutée.
Cela suppose deux choses :
- accepter de demander. Très difficile pour une femme perfectionniste, car ce serait avouer qu'elle a des limites. Pourtant, tout ce que vous ne faites pas vous-même, c'est autant de temps gagné !
- relativiser ses exigences : il faut bien l'admettre, ls autres ne feront jamais AUSSI BIEN que vous. Votre mari ne plie pas les draps de la bonne manière, et le gâteau de votre meilleure amie n'est pas aussi bon que le vôtre. Je vais vous confier un secret : personne à part vous ne s'en rend compte. Donc, acceptez que ce soit moins bien que ce que vous souhaitez, puisque l'essentiel est que ce soit fait par quelqu'un d'autre que par vous !

Sur ce, il est temps d'aller boire un délicieux thé, réserver un massage pour demain et appeler votre cher et tendre pour lui dire qu'aujourd'hui, c'est lui qui fait à dîner - et vegan si possible !

Laurence Roux-Fouillet

* à lire : L'inégale répartition des tâches domestiques entre les femmes et les hommes, Observatoire des inégalités, avril 2016
** cf. Une étude sur les femmes et le plafond de verre
*
** cf. Les inégalités de salaire entre les femmes et les hommes : état des lieux
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*** cf. Les Françaises font des enfants de plus en plus tard